+33 1 89 40 09 57 contact@taktic.fr

Comment concevoir une (bonne) énigme d’escape game ?

Créer une énigme d’escape game, ce n’est pas chercher le moyen le plus compliqué possible de cacher un code à quatre chiffres. Du moins, ça ne devrait pas l’être.

Chez Taktic et Cinévasion, à Paris, nous avons créé beaucoup d’énigmes au fil des années. Certaines fonctionnent encore exactement comme nous les avions imaginées. D’autres ont été modifiées, simplifiées ou complètement démontées après quelques tests.

Alors, qu’est-ce qui fait vraiment une bonne énigme ?

Tout commence généralement par le décor

Il n’existe évidemment pas une seule façon de concevoir une énigme. Une idée peut venir d’un mécanisme, d’un objet ou simplement d’une envie.

Mais chez nous, tout commence souvent par le thème et le décor.

Si nous imaginons une tente romaine, une épave de bateau pirate ou un univers viking, nous cherchons d’abord ce que les joueurs pourraient naturellement y observer, toucher ou manipuler.

Dans L’Héritage de l’Empereur, par exemple, nous utilisons le trône de Marc Aurèle pour dissimuler un mécanisme. Dans L’Appartement 1B, certains jouets d’enfants sont cachés à des endroits qui ont du sens par rapport à l’histoire.

Le but est simple : éviter autant que possible l’énigme qui pourrait être déplacée telle quelle dans n’importe quelle autre salle.

Ici, le tonneau sert à la fois au décors et est lui même au centre d’un mécanisme dans la Malédiction de la Reine Pirate.

Une bonne énigme doit provoquer un « c’est ça ! »

C’est probablement notre critère préféré.

Une énigme peut être difficile. Elle peut demander plusieurs minutes de réflexion, de l’observation et quelques discussions animées entre les joueurs. Mais sa logique doit être suffisamment solide pour pouvoir être comprise sans intervention extérieure.

Le meilleur moment arrive lorsque quelqu’un s’arrête et dit :

« Attendez… je crois que j’ai compris. »

Idéalement, le joueur sait presque qu’il a trouvé avant même d’essayer. En regardant les éléments présents dans la pièce, une seule solution finit par devenir réellement logique.

C’est très différent d’un groupe qui tente quatre combinaisons au hasard et finit par entendre un cadenas s’ouvrir.

Dans les deux cas, la porte s’ouvre. Mais dans un seul des deux cas, on a vraiment résolu une énigme.

Dessin d’une énigme en phase de conception – Cinévasion à Paris 15 – Escape game Ragnarök : l’épreuve des dieux

Nos énigmes préférées ne font pas travailler uniquement les yeux

Nous aimons particulièrement utiliser le décor autrement que comme un simple support visuel.

Dans notre salle Ragnarok, l’Épreuve des Dieux, par exemple, une énigme demande aux joueurs de recréer une mélodie. C’est une mécanique sonore que nous n’avions encore jamais rencontrée dans un autre escape game lorsque nous l’avons imaginée.

Le Joyau du Sultan et Le Rituel Secret de Notre-Dame proposent également plusieurs énigmes visuelles assez particulières.

D’une manière générale, nous aimons faire intervenir les sens : écouter, observer, toucher, manipuler… à condition que cela reste cohérent avec l’univers.

Car une mécanique originale n’est pas forcément une bonne mécanique.

Compliqué ne veut pas forcément dire difficile

C’est d’ailleurs l’un des pièges classiques lorsque l’on commence à créer des énigmes.

On veut surprendre. Alors on imagine quelque chose d’extrêmement complexe, avec plusieurs niveaux de raisonnement. Jusqu’à créer une énigme parfaitement logique… pour la personne qui l’a conçue.

Beaucoup moins pour des joueurs « normaux » qui la découvrent pour la première fois.

L’autre tentation consiste à fabriquer des mécanismes techniques extrêmement sophistiqués. C’est impressionnant sur le papier. Jusqu’au moment où des centaines de joueurs commencent à les manipuler chaque semaine.

Nous l’avons appris nous-mêmes.

Dans La Malédiction de la Reine Pirate, nous avions imaginé un système de poulie faisant remonter une partie du décor. L’idée nous plaisait beaucoup. Pendant les tests, nous avons finalement jugé le mécanisme trop fragile et l’avons supprimé.

Même chose dans Le Rituel Secret de Notre-Dame : un mécanisme intégré à la bibliothèque a dû être complètement repensé alors que la salle était déjà terminée.

Créer une énigme, c’est donc aussi accepter qu’une très bonne idée sur le papier puisse devenir une très mauvaise idée une fois confrontée aux joueurs.

Finalement, comment concevoir une bonne énigme ?

Après plusieurs années à créer et exploiter des salles, notre définition est finalement assez simple.

Une bonne énigme est suffisamment difficile pour obliger les joueurs à réfléchir, mais suffisamment logique pour qu’ils puissent la résoudre seuls.

Les indices nécessaires sont là, quelque part dans la pièce. Il faut observer, manipuler, écouter, communiquer et surtout faire les bons rapprochements.

Et lorsque tout s’aligne, la solution doit presque sembler évidente.

C’est sans doute ce paradoxe qui rend la création d’énigmes aussi intéressante : passer des heures à imaginer quelque chose de suffisamment difficile pour que les joueurs cherchent…

…et suffisamment logique pour qu’une fois trouvé, ils se demandent comment ils ont pu ne pas le voir plus tôt.

FAQ : petit guide pour créer une énigme d’escape game 

Comment savoir si une énigme d’escape game est trop difficile ?

Une énigme peut être difficile sans être incompréhensible. Si les joueurs disposent de tous les éléments nécessaires mais restent systématiquement bloqués sans aide extérieure, il y a probablement quelque chose à revoir dans sa conception.

Faut-il toujours tester une énigme avant de l’intégrer dans une salle ?

Oui, et de préférence avec des personnes qui ne connaissent pas la solution. Une énigme parfaitement évidente pour son créateur peut être interprétée de manière complètement différente par les joueurs. Les tests permettent aussi de vérifier la solidité des mécanismes.

Quels types d’énigmes peut-on trouver dans un escape game ?

Il n’y a pas que les cadenas et les codes ! Une énigme peut faire appel à l’observation, la logique, la manipulation, mais aussi au son, au toucher ou à la communication entre les joueurs. Les meilleures sont surtout celles qui trouvent naturellement leur place dans l’univers de la salle.